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Présentation des œuvres

Te Deum

La plupart des Te Deum sont des compositions puissantes, utilisant de larges effectifs orchestraux, écrits pour des victoires ou de grandes solennités.

Arvo Pärt a composé son Te Deum (1984) pour un effectif restreint : 3 petits chœurs, un piano et un orchestre à cordes. Cette composition n’a pas de caractère dramatique ou douloureux, et aucune grandiloquence. C’est une sorte de prière contemplative et mystique.

Arvo Pärt écrit à propos de sa composition : Le texte liturgique du Te Deum est composé de vérités immuables. Pour moi, c’est comme le panorama d’une chaîne de montagnes dans son immuabilité constante. Le peintre suisse Martin Ruf m’a dit un jour que par temps clair dans les montagnes, il distinguait plus de 20 nuances de bleu. Ces montagnes bleues, j’ai immédiatement commencé à les entendre. Je voulais transmettre un état de solitude. Cet état pouvant être infini dans le temps, je voulais faire ressortir de ce flux une parcelle temporelle de l’infini. J’ai retiré doucement une musique du silence et du vide. La composition de ce Te Deum a été la recherche de quelque chose en perpétuelle fuite, quelque chose qui a depuis longtemps été perdu ou qui n’a pas encore été trouvé, la recherche de quelque chose supposé inexistant et pourtant qui est réel en nous-mêmes et aussi en dehors de nos existences.

 

Messe Saint Nicolas de Flüe

Pour quatre solistes, chœur mixte et chœur de garçons en écho, une trompette, cordes et deux orgues

Carl Rütti évoque la composition de son œuvre en ces termes :

Écrire de la musique sacrée a toujours été pour moi un profond épanouissement, mais aussi un énorme défi. Je ressens toujours une grande responsabilité lorsque je mets en musique un contenu spirituel. C'était surtout le cas lors de la composition de la Messe Saint Nicolas de Flüe. Pour la sixième fois en 40 ans, j'ai essayé de retracer cette vie inimaginable, cette mystique abyssale et cette vénération intime de l'Eucharistie! Les visions de frère Nicolas sont si incroyablement riches en images musicales et en mystère qu’il vaut la peine de continuer à s’en inspirer.

Les représentations des visions de Saint Nicolas de Flüe sont ici essentiellement mises en musique à partir des textes de l’Ordinaire latin (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus-Benedictus, Agnus Dei) et d'autres parties de la messe. "Mon Seigneur et mon Dieu", prière bien connue est évidemment présente et on peut l’entendre à quatre reprises au cours de l’œuvre :

  1. Pour l’Offertoire, j’ai écrit une nouvelle harmonisation pour chœur a capella.
  2. Pendant la Communion, je reprends la même composition mais dans un dialogue entre le chœur et l’orchestre.
  3. Lors du chant final, le public peut se joindre aux choristes pour chanter le choral bien connu de J. G. Scheel.
  4. Enfin, dans l’appel à la prière d’Obwald, le chœur chante dans sa version originale le "O myn Got".

En outre, le chœur d’enfants chante au lointain les invocations du "Notre Père" pendant toute la durée de l’œuvre, rappelant le pèlerinage annuel que Saint Nicolas effectuait jusqu’à Einsiedeln et tout au long duquel il récitait le "Notre Père".