La Damnation de Faust

Légende dramatique composée de quatre parties et un épilogue dédié à Franz Liszt, livret d'Hector Berlioz et Almire Gandonnière d'après la traduction de Gérard de Nerval de la pièce de Goethe. L'œuvre fut créée à Paris à l'Opéra comique le 6 décembre 1846 dans sa version de concert. Berlioz utilisa en partie les « huit scènes de Faust de Goethe » qu'il avait composées et publiées en 1829, dont il détruisit par la suite toutes les partitions. En ajoutant aux huit scènes d'origine de nouvelles parties, Berlioz enrichit l'histoire de Faust et de Marguerite en y introduisant tous les thèmes qui lui tenaient à cœur : la nature, l'allégresse estudiantine, la scénographie macabre, les charmes diaboliques ou paradisiaques. Il y inclut même un défilé de troupes hongroises, dans le seul but d'y ajouter sa transcription de la marche de Rakoczy (ou marche hongroise). De nos jours, on exécute la Damnation tant en version scénique qu'en version de concert. L'œuvre a été exécutée pour la dernière fois à Lausanne au théâtre de Beaulieu en version scénique en 1991. Et l'on peut peut-être relever que, en 1943, le critique musical de la Gazette de Lausanne s'offusquait du fait que le Requiem de Verdi ait été donné au Théâtre Municipal alors que la Damnation de Faust avait été exécutée à la Cathédrale.

Première partie

Dans les plaines de Hongrie : le réveil printanier de la nature réjouit Faust et le distrait de son travail. On entend au loin des paysans chanter joyeusement ; ils sont interrompus par une fanfare guerrière : l'armée hongroise part en guerre et défile au son de la marche Rackoczy. En entendant cette marche, Faust retombe dans la mélancolie.

Deuxième partie

Dans le Nord de l'Allemagne : Faust est dans son cabinet de travail : il entend au loin des hymnes de Pâques qui lui rappellent de doux souvenirs d'enfance et éveillent ses sentiments religieux. Mais ce moment de sérénité est interrompu par l'apparition de Méphisto, qui d'abord se moque des sentiments de Faust, puis le flatte en lui promettant de contenter tous ses désirs. Faust cède à la tentation.

La cave d'Auerbach : un groupe hétéroclite d'étudiants, de bourgeois et de soldats chante des chansons à boire. Leur chant se termine par un Amen fugué, parodie de la forme élaborée de la fugue.

Les bords de l'Elbe : Faust et Méphisto y ont tous deux été transportés par magie. Faust rêve ; par la volonté de Méphisto, ses songes sont peuplés d'êtres surnaturels qui dansent et chantent, et Marguerite lui apparaît. Celle-ci fascine Faust et Méphisto consent à le conduire vers elle.

Troisième partie

Au nord de l'Allemagne : la chambre de Marguerite : elle chante la ballade du roi de Thulé. Méphisto évoque les elfes qui dansent le menuet. Faust déclare son amour à Marguerite, mais il est interrompu par Méphisto et les deux amants doivent se séparer.

Quatrième partie

Faust a oublié Marguerite et recherche la paix dans la nature. Méphisto lui annonce que la jeune fille a été condamnée à mort car elle a empoisonné sa mère avec le poison que Faust lui avait donné pour passer des nuits d'amour tranquilles auprès d'elle. Pour la sauver, Faust vend son âme à Méphisto. Puis ils enfourchent les chevaux Vortex et Giaour et, après une course infernale, disparaissent dans l'abîme. Méphisto annonce son triomphe aux cohortes infernales alors que Faust est jeté dans les flammes.

Epilogue : Marguerite a préféré mourir plutôt que d'accepter l'aide du démon. Elle est sauvée et monte au ciel. Les âmes bienheureuses essuient ses larmes et le chœur séraphique chante les louanges de Dieu.

Anne Baudraz
(sources : la nuova enciclopedia Garzanti della musica, éd Garzanti 1983, Gustave Kobbé, tout l'Opéra, Robert Laffont 1980, L'Opéra, dictionnaire chronologique de 1597 à nos jours, le livre de poche 1979).